Son Excellence le Très Honorable Roméo LeBlanc - Discours à l’occasion de la remise du Prix Michener 1996 de journalisme - Rideau Hall, le jeudi 1er mai 1997.
Son Excellence le Très Honorable Roméo LeBlanc

Bienvenue à Rideau Hall,

Parmi tous les finalistes et leurs amis présents avec nous aujourd'hui, il s’en trouve plusieurs que je rencontre pour la première fois. En réalité, le journalisme se nourrit de changement, de nouveau sang, de nouvelles histoires et de nouvelles idées.

Et le journalisme dynamique procure à notre pays et à toutes les démocraties une grande partie de leur vitalité. Le Prix Michener, pour un, rend hommage non seulement à l’excellence, mais aussi à la façon dont le public bénéficie du journalisme. C’est d’ailleurs pour cela que cette récompense a été créée.

Je ne veux pas être trop indulgent à l’endroit des journalistes. J’en ai été un moi-même pendant trop longtemps pour croire à leur ‘’sainteté’’. D’ailleurs, avec la qualité des gens qui sont ici je ne pourrais sans doute pas m’en tirer facilement. Je préfère attendre le prochain dîner de la presse parlementaire pour faire preuve de cette indulgence.

Ceci étant dit, je m’en tiens à mon point, à savoir que le quatrième pouvoir fait partie intégrante d’une démocratie. Votre engagement et vos talents contribuent à façonner notre pays.

Le prix Michener de journalisme -- et je tiens à remercier les responsables et ceux qui les appuient, par exemple les juges de concours -- le prix Michener, dis-je, rend hommage au professionnalisme exemplaire, attesté par des reportages qui servent l'intérêt public.

Les finalistes de cette année - c'est-à-dire vous individuellement et l'entreprise qui vous emploie - ont traité de conflits environnementaux, de droits à la vie privée, de justice militaire ainsi que de violence conjugale et de protection de l'enfance. Vous avez jeté une lumière nouvelle sur de grands dossiers et, dans bien des cas, vous avez aidé à changer non seulement les attitudes mais aussi la politique officielle.

Vos reportages, tant par leur diversité que par leur impact, ont été reconnus par les juges du Prix Michener comme les meilleurs parmi les meilleurs. Mais tout en félicitant les finalistes, je voudrais aussi saluer tous les participants au concours de cette année qui n’étaient pas très loin derrière vous. Et même derrière eux, nous avons dans ce pays de nombreux journalistes de qualité qui se préoccupent de l’intérêt public. Par exemple, plusieurs d’entre eux suivent présentement de près les inondations au Manitoba.

Quand je suis devenu Gouverneur général, j’ai mentionné la possibilité de créer un nouveau prix pour les personnes bénévoles et celles qui dispensent des soins, ce qui a été fait; j’ai aussi demandé aux journalistes de ``donner une chance à la bonne nouvelle``. Aujourd’hui, à titre de Gouverneur général et au moment où notre pays est en campagne électorale, j’hésite à me prononcer sur les nouvelles, à savoir si elles sont bonnes ou mauvaises.

Mais au sujet de cette différence entre bonnes et mauvaises nouvelles, nous savons tous qu’un reportage sur une injustice a beaucoup plus de valeur qu’un reportage sur un ``petit sujet facile``.

Je crois encore qu’une nouvelle qui comporte des éléments positifs mérite d’être reconnue. Et j’ajouterai que peu importe jusqu’à quel point chacun de nous peut être blasé, le plus de temps que nous passons avec des bénévoles et des gens ordinaires qui font de notre pays un tissu serré, le mieux nous comprendrons que notre nation représente quelque chose de vraiment spécial.

Lorsque mes fonctions m'amènent à voyager à l'extérieur du pays, il me vient une étrange soif de reportages canadiens, et cela me fait prendre conscience à nouveau de la qualité de nombreux journalistes de chez nous. Tous les finalistes présents ce soir peuvent être très fiers du métier qu’ils exercent.

Vous faites partie des finalistes et vos organisations respectives méritent notre reconnaissance pour les reportages que vous avez produits et les exemples que vous nous avez donnés. Je vous offre mes félicitations et mes remerciements.

Le Très Honorable Roméo LeBlanc,
Gouverneur général du Canada,
Rideau Hall, Ottawa,
le jeudi 1er mai 1997.