
Bienvenue à Rideau Hall.
Cet événement me procure toujours beaucoup de plaisir. Il me donne l'occasion de me rappeler mes années comme journaliste.
À l'époque, évidemment, dans les années soixante à Londres, les reportages se faisaient très différemment d'aujourd'hui -- c'était avant l'ère du satellite. Le film était alors utilisé - et oui, le film et non pas la vidéo - nous devions avoir fait développer la pellicule au plus tard à 11 h 30 le matin pour pouvoir l'envoyer - par motocyclette ou par avion - à la salle des nouvelles pour le bulletin de 23 h.
Maintenant, grâce à de nouvelles chaînes, vous êtes toujours sur les ondes dans ce monde électronique -- ce qui entraîne certaines répercussions sur la presse écrite.
La diffusion constante de nouvelles provinciales, nationales et internationales semble avoir laissé beaucoup moins de place aux reportages sur les activités communautaires.
Il est clair que les activités ordinaires et discrètes des bénévoles dans les communautés ou celles des conseils municipaux qui, sans attirer l'attention, veillent au bon fonctionnement de la communauté ne font pas la manchette.
Je n'ai aucune formule à vous proposer, seulement une certaine expérience acquise lors de mes voyages un peu partout au Canada -- dans la vallée de Kootenay en Colombie-Britannique, par exemple -- les petites villes comme Castlegar, Rossland, Nelson.
Voilà des communautés où les citoyens étaient fiers d'assister en grand nombre aux cérémonies de remise de prix à des bénévoles - aux personnes dont ils avaient soumis la candidature au comité de sélection.
Ces histoires n'ont pas un caractère national et pourtant, elles font partie intégrante du tissu de cette nation.
Bien sûr, nous sommes ici aujourd'hui pour honorer certains des meilleurs journalistes, pour les bons reportages publics de l'année dernière. Alors, vous m'excuserez si je prêche à des convertis.
Vos reportages ont permis de révéler les questions véritables auxquelles les Canadiens font face. Et grâce à vos efforts, des gens se penchent sur ces problèmes pour tenter d'y apporter des solutions.
L'incidence qu'ont vos reportages montre la puissance que les médias peuvent avoir sur la vie des gens. Ce que vous choisissez de publier ou de diffuser, les questions sur lesquelles vous faites des reportages, les événements que vous jugez dignes d'être signalés dans les nouvelles peuvent avoir un impact sur la place publique.
Ce pouvoir -- comme tout autre pouvoir -- entraîne une responsabilité. Aujourd'hui, en décernant les prix Michener je suis donc ravi d'honorer ceux et celles qui s'acquittent de cette responsabilité avec compétence et intégrité.
Mes félicitations au gagnant et à tous les finalistes pour leur excellent travail.
Merci.
Le Très Honorable Roméo LeBlanc,
Gouverneur général du Canada,
Rideau Hall, Ottawa,
le lundi 19 avril 1999.