Ottawa, le vendredi 12 mai 1995.- La station radiophonique CKNW/98, de New Westminster, a remporté le Prix Michener 1994 pour ses reportages chocs sur les problèmes de protection de l'environnement et de la pêche entourant un projet d'aménagement énergétique en Colombie-Britannique. Le gagnant faisait partie des six finalistes retenus parmi les 51 organismes de presse qui avaient soumis leur candidature pour obtenir ce prestigieux prix.
Shirley Stocker, productrice exécutive des programmes d'affaires publiques à CKNW, a accepté le prix des mains du Gouverneur général Roméo LeBlanc, lui-même un ancien journaliste et qui agissait comme hôte de la cérémonie de remise des prix à Rideau Hall. Il s'agissait de la 25e édition du Prix Michener, lequel a été créé en 1970 à l'initiative de l'ex-Gouverneur général Roland Michener. Son Excellence Roméo LeBlanc a loué la façon de faire du Prix Michener qui reconnaît l'excellence en journalisme à travers des médias d'information, ce qui permet de rendre hommage à toutes les personnes qui ont contribué aux reportages gagnants. Il a précisé que « l'excellent journalisme est un travail d'équipe et que pour cette raison le Prix est décerné à toute une équipe » (voir le texte complet de l'allocution du Gouverneur général).
L'animateur de l'émission de ligne ouverte de CKNW, Rafe Mair, aura été un élément déterminant dans la décision du gouvernement de la Colombie-Britannique de mettre fin à un projet d'un milliard de dollars de développement énergétique par la Société Alcan. M. Mair a entrepris sa lutte contre le projet d'Alcan sur la base de la protection de l'environnement et des pêcheries dès le début de 1994 et n'a cessé de se battre jusqu'à l'arrêt du projet. Des collègues de travail, des critiques et d'autres ont reconnu l'impact de sa campagne d'information. Par la suite, de sévères critiques par un comité spécial d'enquête au sein du Ministère canadien des Pêcheries ont provoqué de nombreux appuis à son combat, particulièrement dans le contexte du désastre de la pêche à la morue sur la Côte de l'Atlantique et des prédictions alarmantes au sujet des réserves de saumons sur la Côte du Pacifique.
Les reportages de Rafe Mair lui ont valu d'être trois fois finaliste pour le prix Michener depuis 1989. Les juges du Prix Michener1994 ont dit qu'ils avaient été fortement impressionnés par l'excellence des 51 candidatures de cette année malgré les restrictions budgétaires au sein de nombreux médias d'information. Les six finalistes ont été retenus par une mince marge sur les autres participants.
Les récipiendaires de la Bourse Michener-Deacon pour 1995 sont Sue Ridout, de CBC-TV à Vancouver, et Pierre Sormany, un journaliste pigiste du Québec.
Dans le cadre de sa Bourse Michener-Deacon, Pierre Sormany, qui jouit d'une vaste expérience dans les médias d'information, autant dans les médias écrits qu'en télévision, examinera le "nouveau contrat social" que doivent adopter les Canadiens. Il étudiera l'effet du fardeau de la dette publique et des coupures sévères dans les dépenses sociales sur la perception qu'ont les Canadiens du rôle de l'état. Sa recherche portera aussi sur les deux millions de Canadiens sans emploi qui font face à la dure réalité découlant de ces mesures d'austérité.
"Le problème n'est pas seulement une absence de richesse mais l'absence de mécanismes de partage de cette richesse parmi les citoyens", a dit Pierre Sormany. Ses études inclueront une évaluation des Canadiens les plus à risque à la suite de cette campagne d'austérité par le gouvernement et aussi un examen des mécanismes susceptibles d'alléger leur fardeau. Le travail de Pierre Sormany prendra la forme d'un documentaire télévisuel qui sera éventuellement diffusé par la télévision de Radio-Canada.
Pierre Sormany a entrepris sa carrière journalistique en 1971, d'abord comme rédacteur économique au journal Le Soleil. Il a ensuite travaillé comme pigiste de 1976 à 1983 tant pour les médias écrits que la télévision, principalement dans les secteurs de la science et de la médecine. Il a agi comme conseiller du ministre québécois de la Science et de la Technologie pendant deux ans avant de revenir au journalisme comme employé contractuel de Radio-Canada en 1987. Il donne aussi des cours à l'université de Montréal et est l'auteur du livre « Le métier de journaliste », une référence pour l'enseignement du journalisme au Québec.
Sue Ridout, une productrice de nouvelles chevronnée du réseau CBC à Vancouver, examinera les questions d'éthique dans la prise de décisions en matière d'information alors que l'immigration modifie de manière drastique le paysage racial de la Colombie-Britannique.
Chaque année, plus de 50 000 nouveaux arrivants s'installent principalement dans la basse partie continentale de la province, la plupart provenant du Sud-est asiatique. "Dans ce contexte, comment représentons-nous, comme journalistes, leurs intérêts et leurs préoccupations?" se demandera Sue Ridout. Elle travaillera en collaboration avec le Centre pour l'éthique appliquée de l'Université de Colombie-Britannique.
Les autres finalistes du Prix Michener :
Le quotidien Le Devoir a reçu une mention spéciale pour une série de reportages sur les pratiques douteuses du Québec en matière de perception de l'impôt. Ces reportages ont entraîné la démission d'un haut fonctionnaire et l'amélioration du système en place.
Des mentions d'honneur ont aussi été remises :
au Edmonton Journal, pour une série de reportages sur des thèmes à caractère social dont un, entre autres, visait à tempérer les réactions excessives du public face à la criminalité chez les jeunes; un autre reportage analysait les différents facteurs de stress dans la population et un troisième examinait différentes façons de renforcer la cellule familiale;
au Daily Herald, de Prince Albert, pour une enquête sur les façons de dépenser de certains politiciens et hauts fonctionnaires de la ville; ces dépenses sont devenues le principal enjeu de la campagne électorale municipale de 1994 à Prince Albert;
au Telegraph Journal, de Saint John, pour l'hommage que ce journal anglophone a rendu à la population francophone du Nouveau-Brunswick à l'occasion du Congrès mondial des Acadiens qui a eu lieu à Moncton l'an dernier;
au Toronto Star, pour un reportage sur des cas d'abus de la confiance publique impliquant un inspecteur de police, un avocat, un comptable ainsi qu'un banquier, et sur l'hésitation de la police et des autorités chargées de la surveillance de ces groupes à intervenir.
Le jury du Prix Michener 1994
Arch MacKenzie, président du jury, ex-chef du bureau d'Ottawa de la Presse canadienne et du Toronto Star; Jeannine Locke, ex-journaliste du Saskatoon Star-Phoenix, du Ottawa Citizen et du Toronto Star, cinéaste à la CBC jusqu'à sa retraite; Marilyn MacDonald, autrefois journaliste pour un magazine des provinces de l'Atlantique et pour la CBC, et aujourd'hui directrice des relations publiques à l'Université Dalhousie, à Halifax; Barry Mullin, ex-ombudsman du Winnipeg Free Press, et aujourd'hui chargé de cours en journalisme à l'Université de Winnipeg; Guy Rondeau, ex-chef de bureau de la Presse canadienne, à Montréal.
Le jury de la Bourse Michener-Deacon 1995
L'honorable Keith Davey, sénateur, président du jury; Sandy Baird, ex-éditeur du Kitchener-Waterloo Record; Françoise Côté, auteure et journaliste, Montréal; Jodi White, vice-présidente des affaires générales chez Imasco Limitée et présidente du Forum des politiques publiques.
Chaque année, une ou deux bourses sont décernées à des journalistes d'expérience afin de leur permettre de prendre un congé d'études de quatre mois pour se perfectionner en journalisme au service de la collectivité.