
Monsieur Michener, distingués finalistes, mesdames et messieurs,
C'est toujours un très grand plaisir d'accueillir mon distingué prédécesseur Roland Michener à Rideau Hall, spécialement à l'occasion de la remise des Prix Michener. Je le remercie d'avoir eu pendant son mandat la prévoyance et la vision de créer cet événement annuel qui nous donne l'occasion bien légitime d'applaudir le travail de nos médias d'information.
Les mots de louanges à l'endroit de nos experts de l'information ne viennent habituellement pas facilement à la bouche de ceux qui mènent une vie publique. Ayant moi-même exercé ce métier de journaliste, j'apprécie cette occasion de rendre hommage à l'aspect le plus noble du journalisme et à remercier ces journalistes qui travaillent avec engagement et talent à informer les Canadiens sur tous les sujets d'intérêt public.
Les récipiendaires à qui nous rendons hommage ce soir ont fait preuve d'un degré élevé de professionnalisme, d'une compréhension hors de l'ordinaire et d'une grande sensibilité à l'endroit des sujets traités. Ils ont aussi été capables de transposer une foule de faits bruts et d'anecdotes dans une prose qui soit à la fois intéressante, facile à lire et instructive.
Cette capacité à bien communiquer sous la forme écrite est probablement un art de plus en plus rare et peut-être même en voie de disparition. La compétition pour capter l'attention d'un monde à la recherche tant d'informations que de potins est forte, particulièrement chez vos collègues de la presse électronique, et il vous est nécessaire de démontrer beaucoup d'imagination et de talent pour développer et conserver un auditoire fidèle. Il existe toujours une tentation de s'accrocher à des reportages sensationnels qui par leur nature sont toujours des gagnants, ceux qui de façon certaine vont s'accaparer les manchettes des premières pages, quelle que soit la qualité de leur contenu et la crédibilité de leur analyse. Même s'il existe une place pour ce genre de reportages, ce sont toutefois les documents qui exigent un examen en profondeur d'un sujet ou d'une situation, ceux qui sont rédigés après de longues et parfois difficiles heures de recherches, qui en fin de compte sont les plus valables et retiennent le plus l'attention du public lecteur, auditeur ou téléspectateur.
La cérémonie de ce soir est une célébration de l'excellence. Elle fournit l'occasion de féliciter les lauréats choisis par un jury formé de leurs pairs, le plus exigeant qui soit, et, par le fait même, celui qui confère à cette récompense sa véritable valeur. Je souhaite que ce Prix inspire tous ceux et celles qui sont associés aux médias et les encourage à maintenir le plus haut degré de professionnalisme et de qualité dans tout ce qu'ils entreprennent, et que leur façon d'agir serve d'exemple à ceux qui aspirent à exercer ce métier de journaliste.
Je ne voudrais pas terminer sans remercier les juges appelés à s'acquitter de la tâche difficile de déterminer parmi de nombreux candidats de qualité les gagnants de ce soir justement récompensés par l'attribution du Prix Michener dont il n'est plus nécessaire de souligner la grande valeur.
Merci.
La Très Honorable Jeanne Sauvé,
Gouverneure générale du Canada,
Rideau Hall, Ottawa,
le 7 novembre 1986.
