
Distingués récipiendaires, distingués invités, mesdames et messieurs,
J'ai le grand plaisir d'accueillir ce soir les représentants de la presse écrite et parlée afin de souligner l'excellence du travail qu'ils accomplissent dans un domaine stratégique et particulièrement exigeant.
En même temps, puis-je dire que je suis très honorée d'accueillir parmi nous ce soir l'homme qui a donné son nom au Prix que nous décernons, mon prédécesseur, le Très Honorable Roland Michener.
A titre d'ex-membre de cette profession de journaliste commentateur, et par la suite à travers ma propre expérience de la vie publique, j'en suis venue à apprécier le poids de l'immense responsabilité qui pèse sur les épaules de ces hommes et de ces femmes que sont les journalistes. L'obligation de construire un canal de diffusion, à travers lequel les événements et les idées sont transmis de leur origine jusqu'aux lecteurs et auditeurs, sans les déformer par leurs propres opinions et sans modifier l'authenticité des sujets ainsi traités, est un travail qui exige beaucoup de talent et une grande intégrité.
L'influence des médias dans notre vie de tous les jours a pris une importance telle qu'elle fait l'objet d'une recherche assidue et d'un effort d'analyse constant. Ce qui est le plus remarquable, c'est que la presse fonctionne au Canada dans un climat de liberté sans contraintes; seule la conscience des journalistes guide leurs efforts et les inspire dans l'exercice de leur profession.
Dans un monde où tellement de pays imposent de façon très ferme des restrictions aux activités des médias, un monde dans lequel la censure et l'intimidation constituent des façons de contrôler la presse, et enfin dans lequel les informations sont trop souvent soumises aux filtres des gouvernements, on peut dire que la presse au Canada jouit d'une liberté exceptionnelle.
En échange de ce privilège dont ils bénéficient, et à cause aussi de leur santé financière et de la compétition auxquels ils sont soumis, je crois que notre pays a donné naissance aux médias les plus pertinents et les plus professionnels au monde. On n'a qu'à examiner les candidatures au Prix que nous décernons ce soir pour constater la qualité et le calibre de l'information produite par les médias du Canada, et pour apprécier le grand service public qu'ils offrent.
A mesure que l’accès à une information crédible gagne en importance dans notre pays, le rôle et la responsabilité de la presse pour produire de l'information d'une intégrité absolue n'en sont que valorisés davantage.
Je suis vraiment fière de constater à travers les candidatures au Prix Michener ce soir que les règles qui gouvernent la qualité du journalisme au Canada sont d'un niveau extrêmement élevé, et que le public peut être assuré que le grand pouvoir accordé à nos médias est entre bonnes mains.
Si jamais vous étiez tenté de sous-évaluer l'importance de ce que vous faites, puis-je vous rappeler ces lignes bien connues de Lord Byron: "Mais les mots sont des choses, et une toute petite goutte d'encre, tombant comme une goutte de rosée, peut amener des milliers, peut-être même des millions de personnes à réfléchir ". (traduction libre)
Au nom de tous les Canadiens, je vous remercie de nous forcer à stimuler notre jugement et de nous rendre de plus en plus conscients de tout ce qui se passe autour de nous. Je félicite chaleureusement les récipiendaires de ce soir. La qualité de leur travail mérite qu'on leur rende cet hommage particulier.
Au nom de tous les Canadiens, je vous remercie de stimuler nos esprits et de nous rendre plus attentifs à ce qui se passe autour de nous. Aux récipiendaires de ce soir, je vous offre mes félicitations pour vos réalisations. Je vous suis reconnaissante de contribuer à notre recherche ininterrompue de connaissances et de vérité, ainsi que pour le niveau d'excellence que vous mettez dans votre travail. Que votre exemple inspire vos collègues à poursuivre leurs recherche de tous ces sujets de grand intérêt et de grande importance pour tous les Canadiens.
Merci.
Son Excellence la Très Honorable Jeanne Sauvé,
Gouverneure générale du Canada,
le 10 novembre 1984.
